Unité d'Accueil Spécifique (UAS)

Présentation

L’unité d’accueil spécifique est destinée à 8 jeunes filles âgées de 12 à 18 ans, en situation de handicap psychique, en phase de stabilisation.

Ce handicap se manifeste par des troubles du comportement, de la pensée, des émotions, ayant des répercussions sur la scolarisation, sur l'intégration sociale, et sur la qualité de vie, sans que soient altérées les capacités intellectuelles. Il se caractérise par le besoin d’une médication et l’extrême variété et variabilité de l’intensité des problèmes rencontrés. Les adolescentes qui en souffrent présentent un état d’angoisse profond, permanent, avec parfois un sentiment d’irréalité. Elles éprouvent des difficultés de communication et tendent à s’isoler. Des passages à l’acte auto ou hétéro agressifs peuvent également survenir (tentatives de suicide ou violence envers autrui).

L’admission à l’UAS est conditionnée par l’adhésion de l’adolescente à son entrée dans le service, aux projets éducatifs et thérapeutiques, aux règles de vie, ainsi que par celle de ses parents, voire de son référent si elle dépend de l’A.S.E.

Les adolescentes sont accueillies dans une structure composée de deux unités de vie de 4 places, complétées par différents ateliers de médiation, éducatifs, pédagogiques ou thérapeutiques. Cet ensemble constitue un dispositif accueillant, convivial, rassurant, repérant et contenant.

Chaque adolescente dispose d’une chambre individuelle équipée de sanitaire, qui lui offre un espace personnel et intime.

L'UAS fonctionne en internat de semaine, permettant des accueils modulés, adaptés aux attentes des jeunes et de leurs familles. Sur prescription médicale posée par le psychiatre de l’unité, et en accord avec les représentants légaux, l’accueil de week-end est envisageable sous la forme d’un accueil externalisé (Assistants Familiaux, Gîtes d'enfants ou autre). Il ne se substitue pas à un hébergement social.

Objectifs

L’UAS fonctionne sur le mode de l'internat, afin de créer une distanciation d’avec le milieu familial, permettre du répit, et favoriser de la sorte l’émergence d’une parole personnelle.

L’une des principales fonctions de l’internat est celle de l’accompagnement dans tous les actes de la vie quotidienne, dans une perspective de développement des capacités d’autonomie, d’adaptation, d’insertion. La fonction éducative, de nature empathique, veille au développement de la personnalité et à la socialisation.

Les actions multidisciplinaires visent à :

  • Contenir et apaiser les troubles,
  • Soutenir, étayer l’adolescente par un accompagnement quotidien personnalisé,
  • Socialiser ses comportements et la faire progresser dans son autonomie,
  • Lui offrir des espaces d’écoute et de médiation thérapeutique.

Le projet personnalisé d’accompagnement de chaque adolescente s’élabore et se construit tout au long de l’année, en coordination avec ses parents et les partenaires institutionnels.

Moyens mis en œuvre

Une équipe interdisciplinaire assure l’encadrement au sein de la structure.

L’accompagnement dans sa globalité a pour finalité de contenir et d’apaiser la jeune, ceci au travers :

  • de la relation de confiance instaurée avec les professionnels,
  • du respect des règles de vie du service,
  • de l’acceptation de la loi,
  • du travail sur soi.

Dans ce cadre, les activités suivantes pourront être proposées :

  • activités sensorielles : esthétique, musique, détente/bien-être,
  • activités pratiques de la vie quotidienne : entretien du petit linge, rangement de son espace de vie personnel, cuisine …
  • activités manuelles : atelier bois, plâtre, poterie, jardinage, peinture, sculpture, art floral, arts plastiques,
  • activités sportives : randonnées pédestres ou à bicyclette, natation....,
  • activités de soutien scolaire, ou accompagnement pédagogique interne dans les situations de déscolarisation,
  • activités tournées vers la vie sociale et culturelle (visites extérieures, bibliothèque,…)
  • activités de médiation thérapeutique,
  • activités d’expression,
  • balnéothérapie.

La scolarisation en collège ou lycée à temps plein ou à temps partiel est privilégiée, lorsqu’elle reste possible.

Psychiatre et psychologue assurent de concert la référence soin des jeunes accueillies et peuvent être soutenus par une équipe aux profils diversifiés : infirmière, médecin généraliste (voire le cas échéant orthophoniste et psychomotricien). Ils travaillent en réseau avec les services de psychiatrie, relevant soit du secteur «infanto juvénile» ou soit du secteur «adultes» (dès 16 ans).

En effet, selon les besoins et le parcours de soins de la jeune antérieur à son admission dans l’Unité spécifique, des interventions soignantes déjà engagées dans le secteur de psychiatrie publique peuvent se poursuivre de manière séquentielle. Ces actions visent le renforcement du travail thérapeutique, permettent le travail à plusieurs et jouent une fonction centrale dans la prévention des crises (avec les ajustements nécessaires) et des ruptures qu’elles peuvent entraîner. Le secteur sanitaire spécialisé reste de toute évidence le lieu indispensable de traitement de la crise, lorsque des périodes d’intense agitation refont surface pour de multiples raisons, envahissent la jeune et produisent en elle une profonde souffrance.